03.09.07
Ces coloris
classiques avec le bleu outremer ouvrent une expédition dans le monde de la marine à laquelle je vous entraine pour redécouvrir certains usages linguistiques de la marine :
Question vocabulaire la marine est à la naissance de termes
spécifiques à son domaine courant: l’échelle est notre banal escalier et pour éviter de se perdre le marin utilise plutôt le compas que la boussole
Les lumières ou feux sont de grand secours pour les manœuvres par tous temps , simple
héritage des foyers antiques qui n’étaient que simples brasiers de bois ou de houille au faite de modestes tours ancêtres des phares.
La vague qui constitue l’horizon que scrute l’officier de la passerelle de
son regard perçant devient une « lame », la proximité d’une côte inabordable est alors un prétexte pour « mouiller » et non pas lancer l’ancre… Alors pour accoster avec une
barque « à l’ancienne », sans autre moyen de propulsion que la force des bras , la nage commandant le mouvement des avirons bien calés dans leur « dame » servant de
berceau….
Le monde des cordages de chanvre comprend selon les tailles ou
usage : « retenue , bout, sabaye , saisine , attrape , va et vient » avant de devenir plus grosses et de se nommer aussières aptes à amarrer le vaisseau sur les
bittes du quai..( pardon pour cette évocation crue !).La corde est seulement appropriée pour actionner la cloche.
Alors le moment est venu pour le matelot de quitter le « branle » , ancien nom du hamac , pour gagner le pont ( simple étage ou niveau) et aller en corvée sur le quai. Le
temps est venu à chaque escale de remplir de conserves et de produits frais la cambuse une sorte de grenier où les chats à l’époque des voiliers étaient les bienvenus pour conserver à l’abri des
rongeurs éventuels les précieuses denrées.. Pour rester dans le domaine de la cuisine par une sorte d’évocation « crue » qui peut aussi être bienvenue dans le « carré » ,
la salle à manger des officiers , il est normal d’évoquer la célèbre « marinade » !. Recette vraiment issue de la marine par cette méthode de conservation éprouvée pour les périples au long
cours …Si les pratiques nordiques ont introduit d’autres concurrents par les salaisons et fumages ,on trouve une expansion de la marinade dans les contrées favorisées par des conditions
climatiques plus chaudes ,où prospèrent citrons jaunes ou verts, piments , poivre , et autres épices exotiques .
Pour conclure il me vient à l’esprit d’évoquer le célèbre couvre chef de matelot que j’ai eu le plaisir de porter pendant 3
ans et 2 périples autour du monde entier… Si la couleur rouge excite les taureaux , je crois avoir pu vérifier parmi tant d’aventures que le pompon rouge était réputée attirer la gente féminine
comme un lumignon nocturne les insectes éphémères , hiver comme été ! Ce fameux bonnet de laine à l’origine avait hérité de son « toupet » par la simple obligation de conception
de réunir en son sommet les fils de laine et arrêter ainsi l’ouvrage tricoté….Quand à la fixation de la couleur , le mélange d’origine de fils bleu et garance devint définitivement rouge
en 1872.
Je vais faire « rosir « à défaut de rougir en allant plus loin dans l’évocation de
tous ces petits secrets de marine présentés selon ma recette personnelle , car je ne résiste pas à l’envie de vous révéler que le terme de « pompon » était à l’origine supplanté par
celui de « gland » …. Alors de là à supposer que l’attirance à toucher le pompon par le fait « officiel » de porter bonheur, tienne son origine dans cette triviale
dénomination ancienne….
(P.S : A ceux que l’aventure survenue à mon pompon rouge attire, j’offre
un lien où vous pourrez poursuivre par une affaire « piquante » , dans une île épicée des Antilles où j’ai rencontré une drôle de guêpe …la vraie « Ross » ! )
En conclusion je ne peux éviter ce clin d'oeil à un chanteur qui a su faire durer une chanson à la gloire de la marine à voile et qui s'accorde
avec ce thème , écoutez Hugues Aufray : "
Hisse et haut ,Santiano...."
Par Chris
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